Un nouveau départ
Si l’on se fie uniquement aux chiffres, l’été n’a pas laissé beaucoup de place à l’optimisme. L’industrie graphique belge a vu son chiffre d’affaires reculer de plus de 5% l’an dernier, pour atteindre 2,17 milliards d’euros. Le nombre d’employeurs a diminué de 9%, tandis que plus de 400 emplois ont disparu. La fédération sectorielle Febelgra évoque ainsi la plus importante perte d’emplois enregistrée ces dernières années. À cela s’est ajoutée, à la mi-juillet, la faillite d’Artoos, un acteur qui fait pourtant partie du paysage graphique belge depuis plusieurs décennies. Le verre est-il pour autant à moitié vide? Pas nécessairement. Les chiffres dressent un tableau difficile, mais ils ne racontent pas toute l’histoire.
Car en y regardant de plus près, on découvre un paradoxe singulier. Alors que le chiffre d’affaires, l’emploi et le nombre d’entreprises sont en baisse, les entrepreneurs du secteur graphique continuent d’investir. Les imprimeries belges ont investi nettement plus qu’un an auparavant. Les exportations ont également progressé malgré notre handicap historique en matière de coûts salariaux. Et l’histoire d’Artoos ne s’arrête pas à la mise en liquidation judiciaire. Graphius Group a racheté l’entreprise, et une trentaine de collaborateurs conservent leur emploi après la reprise. La marque et l’expertise d’Artoos sont intégrées à Antilope De Bie à Duffel, une filiale de Graphius.
"Le secteur graphique est en recul, mais la volonté d’investir est loin d’avoir disparu"
Peut-être que l’actualité de cet été en dit plus long sur l’avenir de notre secteur que toutes les statistiques réunies. La consolidation de l’industrie graphique n’est en effet pas un phénomène nouveau. Nous constatons depuis des années déjà que le nombre d’entreprises graphiques ne cesse de diminuer. Mais peu à peu, ce qui prend le relais apparaît plus clairement: des entreprises plus grandes et mieux organisées, qui allient la taille à l’automatisation, aux données, aux applications numériques et à un savoir-faire graphique spécialisé.
À l’approche du salon professionnel Empack à Gand, nous consacrons ce numéro à plusieurs thématiques liées à l’emballage. Le 12 août, les premières obligations découlant du règlement européen sur les emballages et les déchets d’emballages (PPWR) sont entrées en vigueur. Au cours des prochaines années, cette nouvelle réglementation aura une influence croissante sur la conception, la production et le recyclage des emballages. La réduction de l’utilisation des matériaux, l’amélioration de la recyclabilité et les nouvelles exigences en matière de gestion des déchets d’emballages auront également un impact sur les choix graphiques et créatifs. Bonne lecture!