Le chiffre d'affaires du secteur graphique recule de 5%
Le secteur enregistre les plus fortes pertes d'emplois depuis des années
Le chiffre d'affaires de l'industrie graphique dans notre pays a baissé de 5,25 % en 2025. C'est ce qui ressort des résultats annuels publiés par la fédération sectorielle Febelgra. En 2024, année électorale, on avait encore enregistré une légère croissance de près de 1%.

Febelgra a entamé l'été avec la publication de ses chiffres annuels. En 2025, le secteur graphique comptait encore 524 employeurs en Belgique. Il s'agit de 372 imprimeries, 119 entreprises de prépresse, 24 entreprises de finition et 9 imprimeries de quotidiens. Par rapport à 2024, le nombre d’employeurs a baissé de 9%.
Importantes pertes d’emplois
On observe toutefois une tendance positive concernant le nombre d’indépendants actifs dans l’industrie graphique. Le nombre d’indépendants exerçant cette activité à titre principal a augmenté de 2%, pour atteindre 4.050. Le nombre d’indépendants exerçant une activité complémentaire a augmenté de 3%, pour atteindre 2.619. En ce qui concerne les indépendants exerçant une activité après la retraite, on constate une baisse de 3%, à 891. Au total, 7.560 indépendants travaillent dans le secteur.
En revanche, l'évolution des chiffres de l'emploi dans l'industrie graphique est négative. Hors imprimeries de quotidiens, le secteur comptait l'année dernière 7.026 salariés. Cela représente une perte de plus de 400 emplois, soit une baisse de près de 6%. "Le secteur a ainsi connu en 2025 la plus forte perte d’emplois de ces dernières années", constate Febelgra.
Les imprimeries de quotidiens suivent elles aussi cette tendance à la baisse. En 2025, ce segment comptait 509 emplois, soit une baisse par rapport à l’année précédente.

Baisse du chiffre d’affaires dans tous les segments
Le chiffre d’affaires total du secteur s’est élevé à 2,17 milliards d’euros en 2025, soit une baisse de 5,25% par rapport à l’année électorale 2024. Il s’agit du deuxième chiffre le plus bas de la dernière décennie. Tous les segments ont vu leur chiffre d'affaires reculer en 2025. Les imprimeries ont enregistré une baisse de 4,81%, tandis que les entreprises de prépresse ont affiché une perte de chiffre d'affaires de 6,8%. Les imprimeries de quotidiens ont quant à elles connu une baisse de 8,4%. Enfin, le chiffre d'affaires des entreprises de finition a baissé de 7,91%.
Les chiffres relatifs aux investissements des imprimeries et des entreprises de prépresse étaient toutefois en hausse. Pour les imprimeries de quotidiens et les entreprises de finition, Statbel n’a pas publié de chiffres "car leur publication pourrait permettre d’identifier des entreprises individuelles". Les entreprises de prépresse ont investi 21 millions d’euros en 2025, soit une hausse de 0,43% par rapport à 2024. Dans les imprimeries, le montant des investissements s’élève à 69 millions d’euros, soit 8% de plus qu’en 2024.

Balance commerciale négative
Les tableaux des exportations et des importations de l’industrie graphique belge révèlent des chiffres frappants. En 2025, les exportations ont augmenté de 7,81%, pour atteindre 956,45 millions d’euros. La part des exportations dans le chiffre d’affaires total s’est ainsi établie à 44%, soit le pourcentage le plus élevé de ces dix dernières années. Les importations ont également augmenté de 5,4%, pour atteindre 976 millions d’euros. Pour la deuxième année consécutive, la balance commerciale est dans le rouge. Le déficit s’élevait l’année dernière à 19,61 millions d’euros.
Du côté des exportations, nos principaux partenaires commerciaux restent les Pays-Bas (46% des exportations totales), la France (15%), le Royaume-Uni (8%), l’Allemagne (7%) et les États-Unis (2,6%). Du côté des importations, les Pays-Bas (avec 47% des importations) ont pris la tête, devançant la France (23%). L’Allemagne occupe la troisième place (6,5%), suivie de la Chine (4,8%) et du Royaume-Uni (3,3%).

La production européenne de papier graphique recule de 7%
Au niveau européen, l’industrie papetière reste également sous pression. Selon les derniers chiffres du Cepi, l’association européenne de l’industrie papetière, la production de papier et de carton a baissé de 1,6% en 2025 pour s’établir à 77,4 millions de tonnes. La correction qui a suivi la hausse observée pendant et juste après la période de la pandémie de coronavirus se poursuit donc. Ce chiffre global masque toutefois d’importantes disparités. La production de papier d’emballage est restée pratiquement stable, même si le carton destiné aux boîtes pliantes a subi une forte baisse de 5,4%. Le papier graphique a connu un sort encore plus défavorable, avec une baisse de 7,3%. La CEPI souligne une érosion progressive de la capacité de production européenne. Au cours des trois dernières années, le secteur a perdu des installations de production, tandis que la part du papier et du carton importés a désormais atteint un niveau record de 7,7% de la consommation européenne. Pour l’instant, aucune amélioration ne semble se profiler à l’horizon. Au premier trimestre 2026, la production européenne de papier et de carton était déjà en baisse de 2,4% par rapport à l’année précédente. La transition vers le développement durable constitue toutefois une lueur d’espoir. Les émissions spécifiques de CO₂ des producteurs européens de pâte à papier et de papier ont baissé de 10,2% en 2025. De plus, le secteur tire 92% de son bois et la quasi-totalité des fibres collectées d’Europe. Selon le Cepi, le taux de recyclage européen s'élève à 76,4%.