Christoph Gamper (CEO de Durst) : « Nous repartons de zéro, comme une start-up »
Le 26 juin, le 90e anniversaire de Durst a été célébré en grande pompe à l’occasion du Durst Next Technology Festival, organisé au siège du groupe à Brixen, dans le Tyrol du Sud, et dans ses environs. Plus de 2 000 visiteurs étaient présents à cet événement estival dédié à l’innovation, qui était résolument tourné vers l’avenir.
Pour le Durst Next Technology Festival, le siège social de l’entreprise à Brixen a été transformé en un site de festival comprenant différentes zones d’expérience. Outre une scène principale près du bâtiment principal, l’« Innovation Stage », l’incubateur Kraftwerk situé à proximité accueillait une « Entrepreneurship Stage » où des thèmes tels que l’entrepreneuriat, la croissance exponentielle et l’IA étaient abordés lors de conférences et de tables rondes. Les nombreux visiteurs ont également pu profiter de démonstrations en direct, de laboratoires interactifs et d’expériences technologiques.
Robotique, aérospatiale et food trucks
Il était frappant de constater que Durst voyait plus loin que son propre secteur de l’imprimerie. Au programme figuraient non seulement des présentations sur l’impression numérique et l’automatisation, mais aussi des conférences sur l’intelligence artificielle, la robotique, l’aérospatiale, l’innovation textile, etc. Le festival était un mélange contemporain de conférence, de salon technologique et d’événement de réseautage dans un cadre informel.
Des food trucks, des espaces de rencontre et des scènes avaient été installés autour des bâtiments, tandis que les visiteurs pouvaient passer librement des conférences aux débats et aux installations interactives. Nous avons notamment pu découvrir des applications d’IA, un robot humanoïde, l’impression 3D et des exosquelettes.

De fabricant de machines à orchestrateur
Christoph Gamper, CEO et copropriétaire du groupe Durst, a inauguré le festival par un discours stratégique sur le prochain chapitre de l’innovation de l’entreprise. Pendant quatre-vingt-dix ans, l’innovation chez Durst a consisté à construire des machines toujours plus rapides et plus productives, a-t-il déclaré. « Les quatre-vingt-dix prochaines années seront placées sous le signe de l’“orchestration”. Ce n’est pas l’imprimante individuelle qui sera au centre, mais un réseau intelligent dans lequel les machines, les logiciels et l’intelligence artificielle collaborent au sein d’un système unique. »
M. Gamper a présenté Kyveris comme une plateforme d’intelligence de production basée sur l’IA qui rassemble les machines, les logiciels, les données et l’intelligence artificielle au sein d’un écosystème intelligent unique. « Construire des machines est dans notre ADN, et nous continuerons à le faire », a souligné le PDG. « Mais aujourd’hui, nous mettons en place l’orchestration qui les entoure. »
Selon Durst, Kyveris doit collecter des données de production à partir de systèmes d’impression installés dans le monde entier. Ces données sont ensuite utilisées pour analyser et optimiser en permanence les processus de production. « Chaque travail d’impression rend le suivant plus intelligent », tel était le message de M. Gamper. « À terme, cela doit déboucher sur un environnement de production dans lequel les machines communiquent non seulement entre elles au sein d’un même site de production, mais partagent également leurs connaissances entre différents sites de production. »

Une start-up de 90 ans
Durst dispose d’un parc installé mondial de plus de 4 000 machines. D’ici 2030, M. Gamper souhaite connecter 600 machines via Kyveris afin de développer le plus grand réseau d’impression industrielle au monde. « C’est ainsi que nous créons une économie d’échelle. Les clients souhaitant participer à la phase bêta peuvent s’inscrire », a-t-il déclaré. Le PDG a associé une vision plus large à son discours. Alors qu’une grande partie du développement de l’IA provient aujourd’hui de la Silicon Valley, il estime que l’Europe a également un rôle important à jouer. « L’Europe dispose toujours de la capacité nécessaire pour innover », a-t-il affirmé. « Nous ne sommes pas dans la Silicon Valley, nous sommes à Brixen. On assure ! » Selon M. Gamper, la proximité entre la production et le développement est un atout majeur pour innover plus rapidement. « C’est ici qu’il faut agir. C’est une région de montagne, nous sommes têtus, nous trouverons une solution. »
Par ailleurs, le CEO du groupe Durst ne considère pas l’intelligence artificielle comme un substitut à l’opérateur, bien au contraire. « Nous développons la plateforme Kyveris pour élargir les possibilités des opérateurs d’impression. » Dans son discours d’ouverture, M. Gamper a présenté une nouvelle ambition stratégique : passer du statut de fabricant de systèmes d’impression industriels à celui d’orchestrateur d’un écosystème de production intelligent et connecté. « À l’occasion de notre 90e anniversaire, nous nous sentons comme une start-up, nous repartons de zéro », a déclaré M. Gamper.
