"La durabilité et des conditions de concurrence équitables deviennent la force motrice de notre secteur"
Marc Vandenbroucke (Febelgra) appelle à l'union des forces
Le dirigeant de la fédération sectorielle Febelgra continue de voir des opportunités pour le secteur graphique dans notre pays. "Avec la production numérique de masse, les spécialistes du marketing opteront à nouveau davantage pour l'imprimé, faute de quoi ils perdront de l'impact", affirme Marc Vandenbroucke. Il voit cinq priorités pour renforcer les entreprises de production graphique.
1. Des conditions de concurrence équitables pour le papier européen
Marc Vandenbroucke dénonce l'augmentation des importations de papier chinois bon marché, qui est jusqu'à 200 à 300 euros par tonne moins cher que le papier européen. Il se félicite de l'assouplissement de la règlementation de l'EUDR, qui affectera moins les imprimeurs, mais plaide pour des conditions de concurrence équitables. "Cela signifie que les importations en provenance de l'extérieur de l'Europe doivent répondre aux mêmes exigences que le papier produit dans l'UE. Plus nous importons de papier chinois, plus l'industrie européenne du papier se porte mal et plus nos marges brutes s'érodent".
2. Maintien du crédit d'impôt pour la distribution des magazines
Dans le sillage de la fin du contrat très discuté sur les journaux, Febelgra met en garde contre la fin du crédit d'impôt à la fin de l'année 2026 pour les éditeurs. Sans alternative, les coûts de distribution des magazines et périodiques risquent de devenir trop élevés. Cela affecterait également les imprimeries. Marc Vandenbroucke plaide donc pour une prolongation du mécanisme, en s'appuyant sur des arguments économiques et socioculturels: l'accès à l'information, la réduction de la fracture numérique et la lutte contre les "fake news".
3. La revalorisation de l'imprimé comme support marketing
Marc Vandenbroucke s'attend à un retour vers l'imprimé. "Le marketing numérique est devenu plus cher, saturé et de moins en moins distinctif, surtout dans un contexte d'IA où tout se ressemble", explique-t-il. "L'imprimé, en revanche, crée un impact, est tangible et crédible." En outre, il aborde l'empreinte écologique souvent négligée des canaux numériques, les centres de données étant de grands consommateurs d'eau et d'énergie. "La durabilité n'est plus une option, mais la force motrice de notre secteur."
4. Investir dans l'automatisation et les robots
Selon Marc Vandenbroucke, l'avenir de l'imprimerie en Belgique réside dans le choix de la robotisation et de l'automatisation pour faire face à la pénurie actuelle de personnel. "Investir dans la robotique est l'une des réponses au vieillissement croissant de la population dans notre secteur. Cela permet également de remédier à notre handicap en matière de coûts de main-d'œuvre. En effet, nous sommes structurellement plus chers que nos pays voisins en termes de coûts salariaux."
5. Plus de coopération et d'unité dans le secteur
Enfin, il insiste sur l'importance d'unir les forces. Dans un secteur en perte de vitesse, où l'on assiste à une consolidation, à une baisse de l'emploi mais aussi à une pénurie aiguë de personnel bien formé, la fragmentation est pernicieuse. Selon Marc Vandenbroucke, les fédérations, les entreprises et les fournisseurs doivent plus que jamais unir leurs forces pour défendre la valeur ajoutée de la communication graphique.

